Absence 

Tout épisode de langage qui met en scène l’absence de l’objet aimé – quelles en soient la cause et la durée – et tend à transformer cette épreuve en abandon. 

L’absence, l’éloignement est toujours de la part de l’autre. L’autre qui part, moi qui reste. 

Dire l’absence c’est dire : « je suis moins aimé que je n’aime ».

L’homme chasseur, la femme sédentaire ? La femme donne forme à l’absence. Pénélope a fait et défait son ouvrage pendant plus de 20 ans. L’homme qui attend et qui en souffre est féminisé. L’homme amoureux aurait les attributs des femmes ? 

Je peux agir en sujet sevré, habitué à l’absence de sa mère. Cette absence bien supportée n’est rien d’autre que l’oubli. Si je n’oublie pas, je meurs. L’amoureux qui n’oublie pas quelquefois, peut mourrir par excès, fatigue et surmenage. 

Le soupir une émotion de l’absence de présence corporelle. 

Le désir est-il toujours le même, que l’objet soit présent ou absent ? 

Pothos : le désir de l’être absent 

Himéros : plus brûlant pour le désir de l’être présent. 

Je tiens sans fin à l’absent le discours de son absence. L’autre est absent comme référent, présent comme allocutaire dans un présent insoutenable. « Tu es parti » « Tu es là ». Le présent n’est qu’un pur morceau d’angoisse. 

Il faut supporter l’absence dure, on va donc la manipuler en transformant la distorsion du temps. L’absence peut être mise en scène. On doute, on reproche, on désire, c’est la mélancolie. On cherche à s’éloigner de la mort de l’autre. 

La frustration a pour figure le présent. Je désire et j’ai besoin. Le désir s’écrase sur le besoin, l’obsession du sentiment amoureux … 
Un koan bouddhique dit ceci :  » Le maître tient la tête du disciple sous l’eau, longtemps, longtemps ; peu à peu les bulles se raréfient ; au dernier moment, le maître sort le disciple, le ranime : quand tu auras désiré la vérité comme tu as désiré l’air, alors tu sauras ce qu’elle est  » 

C’est par cette asphyxie que nous reconstituons notre vérité et que nous nous préparons à l’intransigeance de l’amour. 

Abîme


image« Je m’abîme je succombe »

Une bouffée d’anéantissement qui vient du sujet amoureux par désespoir ou par comblement.

Soit blessure, soit bonheur. Une bouffée d’abîme peut venir d’une blessure mais aussi d’un amour fusionnel. S’évanouir sans se tuer. On se confie, on se transfère, à tout, sauf à l’autre.

On n’envisage plus d’avoir une place quelque part. Catastrophe futile ou bonheur excessif ? Plus rien à qui parler. La chute de l’imaginaire est signifié. C’est un deuil factice.

Un amour de la mort ? « Half in love with easeful death », la mort libérée du mourir. La dérive hors du couple fatal qui lie la mort et le vivant.

L’abîme, un anéantissement opportun ? Une émotion, le deuil sous le signe de la fuite. Sortir de sa responsabilité pour envisager l’extase.


 

Grand amour et première fois : une équation difficile à résoudre ?

Et alors cette première fois ?
Nuit torride enivrée par les effluves de l’amour ? Trop de tendresse, des hésitements ? Un coup rapide ?
Cette première fois est peut-être un des moment les plus importants de votre vie. C’est peut-être avec cette personne que vous finirez vos jour. C’est presque une question de vie ou de mort ! Hors de question de concevoir, ne serait ce qu’une milliseconde, que cette première fois se passe mal. 

Et pourtant, le risque est élevé. 

L’autre ne vous laisse pas indifférent, vous éprouvez des sentiments forts. Vous pouvez douter, c’est normal, vous voulez profiter de ce moment. Vous voulez que ce soit un peu « magique », comme ce que vous avez déjà pu vivre par le passé ou tout simplement par ce que vous voulez pas vivre un truc médiocre. 

La recherche du moment parfait ferait-il que nous nous dirigions tout droit vers de l’insatisfaction, voire une déception. 

Trop de mise en scène, une improvisation maladroite, trop de tendresse ou à contrario trop de fougue, la liste des sources d’insatisfaction peut être longue. 

Dès lors, comment parler avec votre partenaire de ce qui vient de se passer ? Faut-il faire comme si rien ne s’était passé et attendre de vivre une prochaine fois ? Faut-il tout simplement ne plus le ou la revoir et suivre son intuition. 

Que est ce que vous voulez vraiment ? Quels sont vos sentiments à son égard ? 

Interrogez vous, envie de passer à autre chose très vite, ou encore envie d’apprendre à mieux connaître l’autre. 

N’oubliez jamais qu’il faut du temps pour faire un coeur. 

Cette première fois s’est « mal passée », et alors ? Si vous l’aimez, quelle plus belle preuve que de partager vos questionnements, votre sentiment ? 

Vous pourriez être surpris par la réponse. 

 

Compilation de clips sur le grand amour

Envie de good/bad trip ?

Voici venu le temps d’écouter des chansons qui parle de ce grand amour insaisissable, provocateur. La vie est pleine de promesses !

Même si cette chanson dépasse les frontières de l’intime, cet hymne à l’amour ne peut que vous faire frissonner ! Un incontournable pour tous les amoureux. Tellement beau, tellement vrai, le vouloir vivre de nos anima/animus.

 

Comment ne pas citer Cabrel ? Compliqué, vous ne trouvez pas ? Un tube international écrit en une heure. Une question  subsiste toujours à l’écoute de cette chanson, mais pourquoi, elle a dû faire toutes les guerres ? Dans tous les cas,  la muse de Francis devait être fascinante !

Plus d’explications sur cette chanson http://mobile.lemonde.fr/culture/article/2005/07/29/je-l-aime-a-mourir_676251_3246.html

Il y a aussi les chansons dont les titres reprennent directement le terme grand amour. Ça tombe bien c’est le sujet de ce blog !

Dans sa forme la plus idéalisée, on aime ou on n’aime pas ce titre de Barzotti.

Une belle balade de Marc Lavoine sur le grand amour chantée en duo avec Valerie Lemercier. Les paroles mises en relief par le clip, nous rappelle les épreuves, les joies et surtout le but du grand amour !

Une chanson de Cyril Mokaiesh, une sincérité touchante, une veritable approche du quotidien. Comment rompre avec la routine ? Comment retrouver ce grand amour ? Clip qui illustre parfaitement le méli-mélo sentimental de l’amour au quotidien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sexe sans conséquence sur l’amour ?

Le sexe sans conséquences est-il possible ? LE MONDE | 24.07.2016

Par Maïa Mazaurette

Les périphrases sont nombreuses pour définir les contours du graal sexuel contemporain : sexe sans attaches, sans prise de tête, union libre, spontanéité, « dating », aventure d’un soir, rencontres furtives… Comme si l’attachement était un concept dépassé. Comme si l’affranchissement consistait à dormir seul.

Le sexe sans conséquences (inconséquent ?) évoque un Club Med sensuel, une joyeuse bande de copains trinquant avec leur corps comme avec un verre de pastis. Quant à savoir si le pénis est une saucisse cocktail, ça se discute.

Alors effectivement, on peut arguer que la pilule, le préservatif, l’avortement, l’assouplissement du puritanisme nous ont débarrassés des conséquences les plus dramatiques de la sexualité : l’enfant non désiré ou à la paternité indéfinissable, la maladie vénérienne éventuellement fatale.

LA CONJUGALITÉ
Viennent ensuite la fracture du pénis, la rupture du frein, la vertèbre coincée, la scoliose, le godemiché coincé dans la narine gauche ou l’infection urinaire : ça peut piquer, mais grâce aux progrès de la médecine, ne vous inquiétez pas, tout finira par s’arranger.

Plus sérieusement, ce n’est pas le diagnostic vital qui refroidit nos ardeurs. Ce que nous avons en tête quand nous parlons de conséquences, c’est la conjugalité. L’engagement. Le triage des chaussettes. Pas question de coller la syphilis et le sida dans la même catégorie que l’attachement, le sentiment amoureux et l’affection…

Le sexe sans conséquences, version soft, c’est tout simplement celui où on ne rappelle pas. D’ailleurs, même si on en avait envie, on n’aurait pas le numéro de téléphone. Encore faudrait-il que nous connaissions le prénom de notre partenaire (au passage : 50 % des femmes et 70 % des hommes nourrissent le fantasme de faire l’amour avec un inconnu. Mais évidemment, un fantasme ne constitue pas un mode de vie).

L’ÉQUIVALENT POUR LA LIBIDO D’UNE PURÉE DE BROCOLIS
On peut trouver une certaine logique dans cette prise de distance affichée : une société qui ne jure que par l’amour, qui a remplacé les idéaux politiques par les idéaux psychologiques et le groupe par le couple va forcément transformer l’amour en fusible suprême – et en coupable idéal.

On déprime ? Chagrin d’amour. On s’ennuie ? Lassitude d’amour. Le sens de la vie ? L’amour. Insérez des grands A, et faites aaaaah, comme dans béaaaatitude (vous pouvez aussi faire bêêêêêêh, comme des moutons).

Nous avons trop chargé la mule amoureuse, nous en récoltons les frais : une indifférence de façade. Car l’attrait d’une sexualité sans conséquences repose sur un pari très raisonnable : même si ces étreintes brèves ne font pas franchement de bien, elles ne font pas de mal. Elles n’embarrassent personne, elles n’empiètent pas sur notre consommation de séries télé. Pas de pression. On peut s’y adonner de la main gauche, sans se fouler le cerveau. La sexualité sans conséquences est l’équivalent pour la libido d’une purée de brocolis : fade, diététiquement impeccable.

Le sexe sans conséquences apparaît donc comme un plaisir émotionnellement gratuit. Du coup, on le retrouve monétairement payant (pas toujours, mais souvent) : prostitution, escorting, « sugaring » (la sémantique du moment a remplacé l’amante entretenue par la « sugar-baby, c’est plus elegantish in english).

Sans conséquences, le sexe devient une transaction, un service qu’on cherche à restreindre à l’épiderme avec d’autant plus d’énergie que nous percevons, plus ou moins consciemment, l’impossibilité de cette option – on obtient rarement beaucoup en ne déboursant rien.

RENONCER AU PLAISIR
Venons-en donc à cette impossibilité : le sexe sans conséquences existe-t-il ? Je n’en mettrais pas mon téton gauche à couper. L’excitation, le plaisir, l’orgasme font déferler dans nos cerveaux des flots d’hormones multisyllabiques (un champ lexical à maîtriser absolument pour gagner au Scrabble), dont la fameuse ocytocine, hormone de l’attachement.

D’où l’énorme contresens évoqué plus haut : renoncer à l’attachement implique de renoncer au plaisir (en évitant ces fameuses hormones) ET au désir (qu’est-ce que le désir sinon un élan vers l’autre, donc une forme d’attachement).

Evidemment, les adeptes du sexe sans conséquences sont majeurs et vaccinés. S’ils estiment que des interactions sans désir et sans plaisir sont préférables à des papillons dans le ventre et des déchaînements orageux dans les reins, amen.

Mais dans ce cas, afin de pousser la logique à son maximum, ils seraient bien inspirés de se brûler les papilles et de se crever les deux yeux. Le meilleur moyen de s’extraire du cycle causes-conséquences, c’est encore de se coucher par terre et de mourir.

Quand les défenseurs du sexe sans conséquences argumentent pour leur chapelle, ils évoquent pêle-mêle un individualisme radical (« homme libre toujours chérira la mer »), des propos sexistes (« les femmes sont des chieuses, les hommes sont des cochons même pas bio ») et des soucis logistiques (« c’est trop compliqué »).

UN RÊVE DE CORPS LISSES ET D’ÂMES IMPERMÉABLES
Tout cela sous-entend que la solitude fait moins mal que l’attachement. Dommage : la science affirme le contraire. Nous avons biologiquement envie et besoin les uns des autres. Les bébés privés de contact physique meurent. La solitude tue. Le pire regret des mourants est toujours de n’avoir pas passé plus de temps auprès de leur famille et de leurs amis.

Les études portant sur le bonheur montrent que le lien humain a un impact fondamental sur la santé mentale, mais aussi sur la santé physique. Plus nous sommes entourés, mieux nous vivons.

Du coup, s’acharner sur du sexe sans conséquences ressemble à une forme douce de suicide. Et puis que d’efforts pour réprimer un attachement naturel ! Quelle énergie pour se forcer à éviter l’amour ! Là où les partisans du zéro sentiment voient une libération, on trouve plutôt une énorme contrainte – aucune légèreté, mais 33 tonnes d’autocontrôle.

Autre étrangeté du discours anti-attachement : la liberté envisagée comme une absence de conséquences, plutôt que dans le choix et la maîtrise des conséquences. Je ne suis pas philosophe, mais n’est-il pas immature de réclamer que rien ne se paie, que les choses se contentent de couler sur nous ? D’où vient ce rêve de corps lisses et d’âmes imperméables ? A ce compte-là, pourquoi ne pas exiger de fumer sans mettre sa santé en danger, puis décréter qu’on mangera douze barquettes de churros sans grossir ? Va-t-on vapoter le sexe ? Va-t-on se liposucer les sentiments ?

LE RISQUE ZÉRO N’EXISTE PAS
Bien sûr que les conséquences sexuelles peuvent faire mal. Exactement comme pour la course à pied et les huîtres avariées : le risque zéro n’existe pas.

Mais, face à une phobie présentée comme une facilité, il faut bien se poser la question : pour une brève aventure (puisque toute longue aventure commence par une brève aventure), quelles sont ces conséquences qu’il faudrait à tout prix éviter ? Reprendre un verre ensemble ? Laver les draps ? Recevoir un coup de téléphone ?

Si ces broutilles paraissent insurmontables, n’est-ce pas le signe d’une terrible fragilité ? Personnellement, je défends le sexe avec ses condiments : sel, poivre, tapenade, mayonnaise et conséquences.

Cet amour impossible serait-il le grand amour ?

imageL’amour impossible peut-il participer au grand amour ?

Si vous entendez par le grand amour, frissonner, entendre votre cœur battre, perdre âme et raison, ne penser qu’à l’autre perpétuellement. Oui, l’amour impossible peut y contribuer.

Mais cet amour impossible est-il viable ? Votre santé mentale, votre morale, votre physique, peut en prendre un sacré coup. C’est donc à vos risques et périls.

Le sujet subissant un amour impossible pourrait être considéré comme un drogué en état de manque perpétuel.

D’ailleurs, bien souvent, les artistes ont comparé l’amour à une drogue.

Et d’un point de vue chimique, c’est vrai. La dopamine est responsable de cette addiction. La dopamine est un neurotransmetteur secrété dans le système nerveux central. Elle est chargée de transmettre l’information chimique entre les neurones. Elle est la petite molécule qui se cache derrière vos sensations, vos désirs, et vos comportements. Vous ressentez du plaisir en mangeant, en écoutant de la musique, en faisant du shopping ? C’est la dopamine qui vous procure ce plaisir. Vous avez un désir sexuel ? Vous vous sentez très motivé, vous êtes de bonne humeur ou encore vous êtes addict à quelque chose ? C’est encore la dopamine qui en est le responsable. La dopamine est ainsi un élément très important pour l’équilibre de l’organisme. Mais quand vous vous êtes dans le schéma de l’amour impossible, avec un désir incessant, l’hyperactivité de cette molécule va entretenir l’effet de malaise de l’amour, et vous pouvez devenir littéralement accroc. Le fait de consommer du tabac, de l’alcool ou des drogues n’arrangera rien et empirera le phénomène. Votre amour impossible, se transformera en véritable calvaire surtout que les récompenses seront bien maigres face à ces décharges régulières.

Alors que faire ?

1. Faire que cet amour devienne possible. En effet, pour contrebalancer cette hyper activité, seule l’ocytocine peut récompenser cette recherche de plaisir provoquée par la dopamine. Un équilibre entre dopamine et ocytocine créera par des relations sexuelles et caresses plus régulières, un climat de confiance vous permettra de retrouver la sérénité.

2. Cet amour est réellement impossible. Vous êtes drogué et en manque. Rien que l’évocation de son nom, de son odeur, de sa musique préférée et c’est reparti. Avouez-vous que vous êtes malade, et que ça vous provoque plu de mal que de bien. Rompez ! Bloquez son numéro, effacer toutes traces de cette personne. Comportez vous comme l’alcoolique qui ne doit plus voir une bouteille, n’y être mis en situation de boire à nouveau. Une fête où cette personne sera présente ? N’y allez pas. Vous pensez à son anniversaire ? Effacez le dernier mail ou jetez le dernier souvenir que vous gardiez précieusement.

3. Demandez de l’aide. Arrêtez de parler de lui où elle à votre entourage. Des thérapies courtes existent, parfois des groupes de paroles permettent de renforcer votre motivation. Adressez-vous à un psychothérapeute diplômé. Si vous n’avez pas d’adresse n’hésitez pas à consulter le Centre Médico Psychologique le plus proche. Vous devez guérir !

4. Optez pour une vie équilibrée … Facile à conseiller mais difficile de s’y mettre. Essayer de commencer par un peu de sport, inscrivez-vous a un stage, c’est le moment d’envisager un changement de vie.

Et pour les romantiques qui se complaisent dans cet amour impossible Quelques citations qui pourront éventuellement vous faire réfléchir !

Corneille :
“Rien n’est impossible à qui sait bien aimer.”

Maxalexis :
“Le plus grand miracle de l’amour est de rendre l’impossible possible.”
“En amour il n’est rien d’impossible, sois patient, parfois indifférent, et l’impossible devient possible.”

André Maurois :
“Vivre un bel amour, une amitié confiante, cela est possible, mais assez rare.”

Jacques Salomé :
“L’impossible ne semble pas exister en amour, seul existe des possibles quand nous avons traversé nos peurs et nos résistances, ou renoncer à des projections erronées sur l’autre.”

George Sand :
“Il n’y a rien d’impossible quand on s’aime.”

Félix Lope De Vega :
“Rien n’est impossible à un amour audacieux.”

Jules Sandeau :
“L’amour est d’autant plus probable qu’il paraît impossible.”

Marie-Joseph Chénier :
“Quand on aime, il n’est rien d’impossible.”

Philippe Quinault :
“L’amour au désespoir ne voit rien d’impossible.”
Alfred de Musset :
“J’aime, et je sais répondre avec indifférence ; j’aime, et rien ne le dit ; j’aime, et seul je le sais : Et mon secret m’est cher, et chère ma souffrance ; et j’ai fait le serment d’aimer sans espérance.”
“Non, je n’étais pas né pour ce bonheur suprême de mourir dans vos bras, et de vivre à vos pieds. Tout me le prouve, hélas ! jusqu’à ma douleur même… si je vous le disais, pourtant, que je vous aime.”

Honoré de Balzac :
“L’amour désire jusqu’à l’impossible, et sait se contenter de peu.”

Henri Lacordaire :
“L’amour exige l’amour ; il est impossible de préférer sans vouloir être préféré.”

Georges Bataille :
“Aimer sans doute est le possible le plus lointain.”

Henri-Frédéric Amiel :
“La vie est trop courte pour la gaspiller à poursuivre un amour impossible.”
“Vivre sans amour n’est pas vivre, et vivre dans l’amour sans souffrir est impossible.”

Alexis Carrel :
“L’amour pour un être envieux, égoïste et méchant, est impossible !”

Claire Martin :
“Les hommes et les femmes sont si étrangers, si dissemblables que, s’ils n’empruntent largement les uns chez les autres, l’amour n’est plus possible.”

Alice Parizeau :
“Édifier un amour sur le mensonge ; c’est impossible !”

Eugène Sue :
“L’amour platonique est impossible entre deux jeunes gens, tôt ou tard l’un ou l’autre succombe, c’est un piège dangereux.”

Jean Cocteau :
“À l’impossible je suis tenu.”

Albert Camus :
“Ce qui est possible mérite d’avoir sa chance.”

Alexandre Jardin :
“Là où la peur n’est plus un frein, tout est possible, surtout ce qui ne l’est pas.”

Anna de Noailles :
“Tant que l’on vit, la vie amoureuse est possible.”

Georg Christoph Lichtenberg :
“L’amour non payé de retour, c’est question sans réponse.”

François Brunet :
« Un amour impossible Qui devient possible, C’est tout un monde qui s’écroule. »

Oscar Wilde :
« Seul l’amour peut garder quelqu’un vivant. »

Simone de Beauvoir :
« Le couple heureux qui se reconnaît dans l’amour défie l’univers et le temps, il se suffit, il réalise l’absolu. »

Voltaire :
“À l’amour tout miracle est possible.”

Virgile :
“L’amour triomphe de tout ; cédons aussi à l’amour.”

Marcel Proust :
“Que de bonheurs possibles dont on sacrifie la réalisation à l’impatience d’un plaisir immédiat.”

Ovide :
“Il y a autant de douleurs dans l’amour que de coquillages sur la plage.”

La Rochefoucauld :
“Il est impossible d’aimer une seconde fois ce qu’on a véritablement cessé d’aimer.”

Que se passe t-il dans notre cerveau ?


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Que se passe-t-il dans le cerveau des amoureux ?

Par Jean-Luc Nothias – le 20/02/2011
La réponse de Jean-Didier Vincent, membre de l’Académie nationale de médecine. Le Figaro

Il est de bon ton d’opposer l’amour, qui est de l’ordre du sentiment, et le sexe, qui se résume dans l’acte charnel. Ce dualisme ne tient pas la route. L’amour est toujours une affaire de désir et ce dernier a toujours son siège dans le cerveau. Nous sentons avant d’agir et l’affect qui vient du corps précède l’acte dicté par la force impérieuse du désir. Ce n’est donc pas dans le cœur, qui n’est qu’un exécutant, que s’accomplit l’amour (c’est-à-dire le sexe), mais dans cet organe où se rassemblent les perceptions et les décisions: le cerveau.

C’est un cerveau que les amoureux devraient graver dans l’écorce des arbres et non un cœur. C’est encore dans le cerveau que naissent la jouissance mais aussi la souffrance, qui sont les acolytes du désir.
Tout se passe dans la partie basse du cerveau, une région en forme d’entonnoir qu’on appelle l’hypothalamus; elle a à peu près la taille d’un ongle et rassemble en son sein les centres de commandes des grandes fonctions du corps: reproduction, régulation de la prise alimentaire et de la soif, contrôle du poids, maintien constant de la température de l’organisme et enfin sommeil. Elle est de plus traversée par les voies nerveuses du plaisir et de la souffrance, les systèmes qui font naître le désir et l’entretiennent. Bref, dans cette «cave» du cerveau se trouve tout ce qui est nécessaire à l’entretien de la vie.
Cet hypothalamus n’est pas seulement l’espace étroit où s’entassent les centres nerveux de ces fameuses fonctions; c’est aussi une glande qui déverse ses produits des sécrétions dans la circulation sanguine destinée à irriguer l’hypophyse, glande importante puisqu’elle commande toutes les autres grâce à ses hormones appelées stimulines. Celles-ci à leur tour dirigent la sécrétion des hormones sexuelles. Cette cascade de commandements rappelle l’armée, avec le général hypothalamus, les officiers hypophysaires et les soldats gonadiques. En retour, ces hormones agissent sur leurs cellules émettrices pour les freiner ou pour les stimuler; ce que l’on appelle des rétroactions (ou feedbacks).

Au moment de la puberté, il y a un signal chimique dans l’hypothalamus qui déclenche une tempête hormonale. On sait aujourd’hui que c’est une molécule peptidique (une petite protéine), le kiss-peptide, qui entraîne le rythme accéléré de la lulibérine qui, à son tour, provoque la libération massive des hormones sexuelles (progestérone et œstradiol chez la femme, testostérone chez l’homme) rendant les jeunes aptes à la reproduction. Quant au kiss-peptide, une hormone du corps sécrétée par les cellules graisseuses, la leptine, déclenche sa sécrétion. Cela explique que l’âge de la puberté soit relié à la masse graisseuse. On observe que les filles un peu enveloppées ont été réglées plus tôt. Bien complexe l’horlogerie qui contrôle les hormones sexuelles!

Systèmes désirants

C’est dans l’hypothalamus et les régions voisines du cerveau que s’exécute la musique du désir sexuel. Les musiciens (les centres) sont placés autour et en avant du troisième ventricule, un espace occupé par du liquide communiquant avec les deux ventricules latéraux situés dans chaque hémisphère: un vaste réseau de pièces d’eau qui permet la diffusion de toutes sortes de substances, de sels et d’hormones, au cœur du cerveau.

 

Je rappelle que cet hypothalamus est aussi l’endroit qui sert à manger, à boire et à dormir, autant d’activités qui ne sont pas étrangères au sexe. Les centres du comportement mâle coexistent avec les centres du comportement femelle dans les cerveaux des deux sexes. L’aire antéro-dorsale située en avant de l’hypothalamus joue un rôle dans le comportement mâle. Ce centre reçoit des informations en provenance de toutes les modalités sensorielles; il intègre les impressions qui concourent à entretenir le feu du désir et à déclencher la phase ­précopulatoire. Il assure ensuite la poursuite de l’acte proprement dit.
La dopamine est le neuromédiateur principal impliqué dans l’activation du centre. La dopamine spécialisée dans le sexe provient de neurones situés dans le voisinage du centre mâle. Elle est différente de celle impliquée dans les systèmes désirants généraux qui parcourent la base du cerveau et irriguent le cortex cérébral. Ce système dopaminergique spécifique explique que le désir sexuel fasse relativement bande à part parmi ses compagnons de plaisir. Une des raisons de cette indépendance pourrait être son rôle dans l’évolution des espèces et la nécessité de le protéger grâce à un régime spécial. Ce centre n’agit pas seul, mais en étroite relation avec les régions qui contrôlent la motricité et notamment les postures sexuelles; sont également concernées les zones qui interviennent dans la mémoire – aimer chez l’homme, c’est souvent se souvenir – et les émotions. En bref, tout ce qui donne un sens à l’amour au-delà de la simple nécessité pour l’espèce de se reproduire. Le centre a aussi des connexions spéciales avec l’odorat dont le rôle est essentiel dans la rencontre amoureuse.

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La région ventrale et médiane de l’hypothalamus est impliquée dans le comportement sexuel femelle, mais de façon non exclusive. Elle participe également au contrôle du comportement alimentaire et, d’une façon plus générale, à l’aspect négatif et douloureux des conduites animales. L’introduction d’œstradiol dans cette structure chez une femelle castrée corrige la perte du comportement sexuel qui a suivi l’ablation des ovaires.

Mais il faut signaler que l’implantation d’œstradiol dans ce noyau chez un rat mâle castré entraîne chez celui-ci l’adoption d’une posture sexuelle femelle et l’acceptation des hommages de partenaires du même sexe! Il faut aussi compter avec les endorphines qui s’opposent à la douleur occasionnée chez la femelle par l’acte sexuel. La mission essentielle des centres sexuels est de contrôler la mécanique du sexe déclenchée au niveau de la moelle épinière par les stimulations génitales. Ces dernières, soumises à l’influence directe des hormones sexuelles (rut ou chaleur), suffisent à enclencher le déroulement de l’acte sexuel chez une ­femelle.
Ces données concernent bien sûr l’animal, essentiellement les rongeurs qui ont servi de modèle expérimental. Ces mêmes centres sont à l’œuvre chez l’homme, mais les régions génitales sont sous un contrôle sévère des étages supérieurs du cerveau: l’amour n’est pas un réflexe. Le désir sexuel est dans la tête, pas dans le bas-ventre. C’est dans les deux régions mâle et femelle de l’hypothalamus que se fait l’intégration des sensations, des gestes d’amour, des émotions, de l’anxiété aussi, qui vont déclencher ou inhiber l’acte sexuel proprement dit. Comme on le voit, le masculin et le féminin coexistent dans le cerveau et dans toute la vie de l’humain. On peut imaginer à titre d’hypothèse que les deux structures forment les plateaux d’une balance dont le fléau indiquerait l’orientation sexuelle de l’individu, autant dire l’attrait pour un partenaire mâle ou femelle: être hétéro ou homosexuel, rien ne paraît joué d’avance.

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Examinons maintenant ce qui se passe dans le cerveau et le corps lors de l’accouplement des deux amants. Une hormone sécrétée par des gros neurones de l’hypothalamus, l’ocytocine, est libérée dans le cerveau en réponse aux stimulations de la sphère génitale. Elle accompagne la montée en puissance du couple désir/plaisir en provoquant l’amplification des systèmes dopaminergiques. Déversée dans la circulation sanguine par l’hypophyse, elle accentue les contractions rythmiques des muscles génitaux qui amplifient en retour sa libération, réflexe contribuant ainsi à emballer le système jusqu’à l’orgasme. Celui-ci tient ses états dans le cerveau, qui gère le plaisir et orchestre les manifestations organiques.

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Mots et molécules
Une puissante analgésie bloque le caractère douloureux des violentes stimulations mécaniques que s’imposent les sexes conjugués; elle fait taire la souffrance pour que la jouissance puisse s’exprimer librement. L’homme et la femme sont, pendant un court moment, confondus dans leur être. L’ocytocine ne limite pas son action à son rôle dans l’orgasme. Libérée dans le sang lors de l’allaitement, elle permet l’éjection du lait lors de la succion du mamelon par le bébé. Libérée dans le cerveau, elle facilite l’attachement entre partenaires, ce qui la fait abusivement appeler hormone de la fidélité. Elle joue également un rôle majeur dans le comportement maternel.

Pour conclure, l’amour chez l’humain n’est guère différent physiquement de ce que l’on peut observer chez l’animal; il s’enrichit, en revanche, de toutes les capacités psychiques et morales de l’espèce. L’animal fait l’amour, mais n’en parle pas; l’humain vit l’amour et le raconte. Le discours amoureux est partie intégrante de l’acte sexuel, que celui-ci soit accompli dans la réalité ou rêvé. L’homme ne fait pas seulement l’amour, il en parle au point que parfois l’acte sexuel disparaît au profit du roman d’amour que vivent les deux amants. Au niveau des régions dévolues au langage et à l’imaginaire, il ne s’agit plus tant alors de molécules chimiques que de mots, le plus beau étant le verbe «aimer».

Généralités sur l’amour : Les débuts de l’Emoi


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Premières généralités sur l’amour

L’Amour est complexe et simple en même temps. Si on demande à un ado, il saura nous décrire les symptômes habituels, et saura le différencier de l’amour inconditionnel de ses proches. C’est si simple à cet âge de la vie. La passion c’est tout de suite pour un jour, deux jours … Ou toute la vie. L’immaturité peut avoir du bon !

Rien n’est figé, tout est en devenir. C’est l’intensité du sentiment qui compte le plus. Les garçons accèdent le plus souvent à ce sentiment par la relation physique et inversement pour les filles.

Se souvenir de ce premier slow maladroit, le choix du partenaire, une étreinte un peu rapprochée, un souffle, les mains moites, le pouls qui s’accélère, les petites maladresses des premières danses … Et la chute. Ce que nous pensions être Amour, peut changer très vite, une autre personne peut nous plaire à la seconde. Ce qui compte le plus, c’est le moment dans tout son vertige, dans son apparition et sa disparition. Illusion ? Pourtant tout ce que l’on vit est si concret, si réel !

Illustration 🙂

Ce Grand amour ( grand Amour ?) que l’on cherche tant, ne s’inspirait-il pas de cette période de notre vie ? De ces premiers émois ? Nous voulons revivre cette vibration comme si c’était la première fois. Sommes nous comme l’usager d’héroïne qui cherche à chaque fois la sensation de son premier shoot ? ( deuxième partie à venir)

Les grecs ont si bien décrit cette sensation en créant le personnage d’Eros. Ce petit tyran d’Eros qui tire sa flèche sans discernement, en provoquant les adultères, les jalousies, l’attirance foudroyante, jusqu’à la discorde et la rupture. Mais Eros a pu compter sur la conception d’Anteros par Aphrodite afin de grandir et de répondre aux nécessités de la cosmogonie olympienne. Mais ce ne fut pas sans accident. Eros tomba amoureux de Psyché, lui le plus beau des dieux, amoureux de la plus belle mortelle. Malgré ses stratagèmes pour défier sa mère, jalouse de Psyché, il fut rattrapé par la jalousie des sœurs de Psyché. Elle s’était engagée à ne pas le regarder la nuit mais rongée par les idées insufflées par ses sœurs elle ne put  s’empêcher de découvrir ce merveilleux amant. Il s’en aperçut et il s’enfuit. Dévorée par le chagrin, après voir vainement tentée de mettre fin à ses jours, elle partit à sa recherche. Pour le retrouver, elle traversa une à une les différentes épreuves grâce à l’aide des amis d’Eros. Psyché devint Immortelle et donna naissance à Volupté, déesse dédiée aux plaisirs de l’amour. Le roman initiatique de l’Amour pourrait-il être sur ce schéma ? La rencontre, les premiers émois, la trahison, la chute, les épreuves et l’immortalité à travers sa descendance, ou pas ? Mais si c’était Anteros qui aurait dû accomplir cette mission pour Aphrodite ? Comment ça serait passé ? Imaginons la scène. Aphrodite, par jalousie, voulait que Psyché devienne amoureuse du plus méprisable des hommes. Anteros n’aurait sûrement pas résisté, comme son frère, mais il aurait posé tout de suite les bases d’un amour adulte, négocié et réciproque. Psyché serait tout autant tombé amoureuse du frère du plus beau des immortels. Un amour « véritable » serait né. Mais sans les épreuves, sans la chute de l’âme, sans la quête perpétuelle de l’Amour, auraient-ils donné naissance à Volupté ? Psyché serait t-elle devenue immortelle ?

L’amour dans ses formes les plus simples fait cohabiter l’irrationnel et le raisonnable. Le raisonnable qui a trait à notre culture, notre origine sociale, notre envie de « semblable » et l’irrationnel, incongrue, inimaginable, la part de rêve qu’il y en chacun de nous.

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Et si le Grand Amour était d’abord de mieux se connaître, de d’abord s’aimer soi-même pour mieux aimer l’Autre ?